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Un train de voyageurs déraille dans un tunnel et le plan rouge est aussitôt déclenché par la préfecture: c’est le point de départ d’un exercice de sécurité civile qui a mobilisé 400 personnes et une centaine de véhicules jeudi en fin de journée à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Dijon.

Sous le nom de code « Juliette », l’exercice prévoyait, dès l’annonce de l’accident, l’envoi sur place des pompiers et des secouristes avec l’installation d’un poste médical avancé (PMA), la mise en place d’un PC opérationnel à proximité immédiate de l’accident, dans le village de Mâlain, et d’un PC fixe à la préfecture de Dijon, coordonnant l’ensemble de l’opération.

La gendarmerie, de son côté, bouclait le secteur pour assurer notamment la circulation des véhicules de secours.

Les services d’incendie et les SAMU de toute la Côte-d’Or ont pris part à l’exercice qui, commencé vers 17h00 ne s’est achevé qu’après 22h00 par un debriefing général.

Le lieu de l’accident était le tunnel de Blaisy-Bas, long de 4.110 mètres et situé sur la voix Paris-Lyon. En novembre dernier, cet ouvrage, construit en 1849, avait été le théâtre d’une fuite de gaz toxiques au passage d’un train de fret, qui n’avait toutefois fait aucune victime.

Pour ne pas interrompre la circulation des trains, les opérations ont été organisées autour d’un wagon placé sur une voie de garage, non loin de l’entrée du tunnel.

Là s’affairaient pompiers et médecins et infirmiers du SAMU, autour des 45 « victimes » prévues par le scénario, dont le rôle était tenu par des militaires et des élèves-infirmières. Leurs « blessures » étaient consignées dans une enveloppe accrochée à leur cou avec, pour certaines, l’évolution heure par heure et, éventuellement, l’issue fatale.

« J’ai encore deux +deltas+ à évacuer », lançait, sur sa radio, un pompier chargé des transferts vers le PMA, signifiant ainsi qu’il s’agissait de deux personnes dont l’étiquette portait « DCD ».

Un peu plus loin, un militaire en treillis jouait parfaitement son rôle de voyageur indemne mais traumatisé par l’accident, refusant d’abord d’être sorti du wagon, puis échappant aux sauveteurs pour se jeter dans les taillis, avant d’être rejoint et de recevoir une injection calmante.

Au PMA, après un premier examen, les « victimes » étaient dirigées, selon leur état, vers une des deux tentes marquées « urgences absolues » et « urgences relatives ».

Pour le Dr Didier Honnart, du CHU de Dijon, l’importance de tels exercices est « fondamentale ». Mais, ajoutait-il, « c’est presque plus facile dans la réalité, car alors on travaille en plein stress ».

« Il est important que les gens acquièrent des réflexes pour gérer une crise », soulignait de son côté Emmanuel Aubry, directeur de cabinet du préfet de Côte-d’Or, qui supervisait l’opération.

« Il faut vérifier que ce que nous avons préparé sur le papier est bien adapté », ajoutait-il, en précisant qu’il faut tirer des enseignements de chaque accident. « La catastrophe de l’avenue Eiffel (l’effondrement d’un immeuble en décembre 1999 à Dijon, faisant 11 morts) nous a montrés que l’accueil des victimes et de leurs proches est important ».

Dans ce but, une Cellule d’urgence médico-psychologique était installée à Mâlain, à côté du PC opérationnel.