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« Face à une telle crise, il faut prendre la parole » Selon des spécialistes de la communication de crise, le silence public du PSG sur l'affaire Neymar n'est pas adapté à la situation. page 17 alexis danjon Depuis le début de l'affaire Neymar, le silence du PSG est assourdissant. Alors que le joueur s'est exprimé dans une longue vidéo sur Instagram, que son père multiplie les entretiens téléphoniques pour défendre son fils, et que Tite, son sélectionneur, a été envoyé au front avant-hier, aucun dirigeant du club parisien n'a pris la parole et aucun communiqué n'a été diffusé. En interne, on assure cependant suivre l'affaire de très près. Mais le club, en contact permanent avec l'entourage du joueur, attend de voir quelle sera l'évolution de ce dossier très sensible avant de se prononcer publiquement. « Comme ils mettent du temps à réagir pour le sportif, ça ne me surprend pas qu'ils ne réagissent pas face à une telle affaire, constate le publicitaire Frank Tapiro, qui s'était occupé de la communication de la Fédération française au moment de Knysna, en 2010. Mais, face à une telle crise, il faut prendre la parole pour éviter les fantasmes. Quand vous ne communiquez pas, vous communiquez énormément. Il y a un vacarme assourdissant du silence. Le silence fait parfois beaucoup plus de bruit qu'une parole. » D'autant que l'affaire Neymar, accusé de viol à la suite d'une rencontre qui se serait déroulée avec une Brésilienne, le 15 mai dans un hôtel parisien, se retrouve à la une des journaux, des débats télévisés et des sites d'information. « En agissant ainsi, le PSG fait naître dans l'opinion l'idée qu'il cautionne les accusations ou qu'il a quelque chose à cacher » , abonde Florian Silnicki, fondateur de LaFrenchCom. En résumé, « ce n'est jamais une bonne solution de faire l'autruche. » « La stratégie du silence est la plus mauvaise, estime aussi Olivier Doussot, dirigeant d'OmniGiBuS, un autre cabinet de conseil en communication de crise. Ça donne le sentiment que soit on est embarrassé, soit on est dépassé, soit on est inerte. » Selon Tapiro, « le PSG doit prendre son courage à deux mains et trouver quelque chose à dire pour occuper le terrain. » Ses sponsors eux aussi restent très discrets Placée dans une situation semblable en novembre 2018 à la suite d'une plainte pour viol contre Cristiano Ronaldo, la Juventus Turin avait publié un court communiqué. « Cristiano Ronaldo a montré ces derniers mois un grand professionnalisme et dévouement, ce qui est apprécié par tout le monde à la Juventus. Les prétendus événements datant d'il y a presque dix ans ne changent pas cette opinion, partagée par quiconque a été en contact avec ce grand champion. » Tapiro conseille donc au club de la capitale de défendre son joueur - « Il ne doit pas commenter l'affaire, mais rappeler que jusqu'à preuve du contraire, il est innocent » . Le PSG, qui étudie régulièrement les retombées des différents sujets le concernant, notamment à l'étranger, n'est cependant pas le seul à temporiser au sujet de l'affaire Neymar. Les sponsors du joueur brésilien restent eux aussi très discrets pour le moment. Et si Tite a soutenu son joueur lundi, le technicien a aussi précisé que l'attaquant est « indispensable à la qualité du groupe » mais que « personne n'est irremplaçable » .

« Face à une telle crise, il faut prendre la parole » Selon des spécialistes de la communication de crise, le silence public du PSG sur l’affaire Neymar n’est pas adapté à la situation.

Par Alexis Danjon

Depuis le début de l’affaire Neymar, le silence du PSG est assourdissant. Alors que le joueur s’est exprimé dans une longue vidéo sur Instagram, que son père multiplie les entretiens téléphoniques pour défendre son fils, et que Tite, son sélectionneur, a été envoyé au front avant-hier, aucun dirigeant du club parisien n’a pris la parole et aucun communiqué n’a été diffusé. En interne, on assure cependant suivre l’affaire de très près. Mais le club, en contact permanent avec l’entourage du joueur, attend de voir quelle sera l’évolution de ce dossier très sensible avant de se prononcer publiquement. « Comme ils mettent du temps à réagir pour le sportif, ça ne me surprend pas qu’ils ne réagissent pas face à une telle affaire, constate le publicitaire Frank Tapiro, qui s’était occupé de la communication de la Fédération française au moment de Knysna, en 2010. Mais, face à une telle crise, il faut prendre la parole pour éviter les fantasmes. Quand vous ne communiquez pas, vous communiquez énormément. Il y a un vacarme assourdissant du silence. Le silence fait parfois beaucoup plus de bruit qu’une parole. »

D’autant que l’affaire Neymar, accusé de viol à la suite d’une rencontre qui se serait déroulée avec une Brésilienne, le 15 mai dans un hôtel parisien, se retrouve à la une des journaux, des débats télévisés et des sites d’information.

« En agissant ainsi, le PSG fait naître dans l’opinion l’idée qu’il cautionne les accusations ou qu’il a quelque chose à cacher » , abonde Florian Silnicki, fondateur de LaFrenchCom.

En résumé, « ce n’est jamais une bonne solution de faire l’autruche. » « La stratégie du silence est la plus mauvaise, estime aussi Olivier Doussot, dirigeant d’OmniGiBuS, un autre cabinet de conseil en communication de crise. Ça donne le sentiment que soit on est embarrassé, soit on est dépassé, soit on est inerte. » Selon Tapiro, « le PSG doit prendre son courage à deux mains et trouver quelque chose à dire pour occuper le terrain. »

Ses sponsors eux aussi restent très discrets

Placée dans une situation semblable en novembre 2018 à la suite d’une plainte pour viol contre Cristiano Ronaldo, la Juventus Turin avait publié un court communiqué.

« Cristiano Ronaldo a montré ces derniers mois un grand professionnalisme et dévouement, ce qui est apprécié par tout le monde à la Juventus. Les prétendus événements datant d’il y a presque dix ans ne changent pas cette opinion, partagée par quiconque a été en contact avec ce grand champion. » Tapiro conseille donc au club de la capitale de défendre son joueur – « Il ne doit pas commenter l’affaire, mais rappeler que jusqu’à preuve du contraire, il est innocent » .

Le PSG, qui étudie régulièrement les retombées des différents sujets le concernant, notamment à l’étranger, n’est cependant pas le seul à temporiser au sujet de l’affaire Neymar. Les sponsors du joueur brésilien restent eux aussi très discrets pour le moment. Et si Tite a soutenu son joueur lundi, le technicien a aussi précisé que l’attaquant est « indispensable à la qualité du groupe » mais que « personne n’est irremplaçable » .